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La FAS pour des salariés, actionnaires actifs

L'actionnariat salarié prend une place de plus en plus importante dans le tour de table des entreprises cotées, comme on le constate en France dans les batailles entre banques (lire ci-dessous). Rien d'étonnant donc à ce que la Fédération française des associations d'actionnaires salariés et anciens salariés (FAS), qui regroupe 22 membres, soit consultée par les politiques, comme cela a été le cas pour la Loi NRE de 2001 ou encore la future loi sur la sécurité financière. Fondée en 1993 par Georges Rousseau (Société Générale), la FAS regroupait à l'origine 14 associations, pour la plupart nées des privatisations des années 80. Elle en compte aujourd'hui 22 forte de 50 000 adhérents actionnnaires salariés d'entreprises représentant au total une population de 1,2 million de salariés actionnaires. "Nous avons pu progresser dans la reconnaissance de l'actionnariat salarié, de ses droits et de ses devoirs", estime l'ancien président, Serge Cimatti (ex-France Télécom) qui a laissé sa place à Jean-Claude Mothié (EADS). Les objectifs de la FAS n'ont pas changé : elle vise surtout à accroître la représentativité des salariés actionnaires dans les entreprises et veille à rapprocher leurs prérogatives de celles des porteurs classiques. A l'image de nombreuses fédérations, ses efforts portent sur l'information, avec la publication d'un guide de l'actionnariat salarié, et la formation, son grand chantier actuel. La FAS part du principe que les dirigeants incitent les salariés à devenir actionnaires de leur entreprise, mais assurent rarement le "service après-vente", d'où d'importants besoins de formation, à l'instar de ce qu'à fait Air France pour ses salariés. Elle va donc distribuer des agréments à des instituts qui respectent un cahier des charges précis.

Même si elle milite souvent contre les organisations syndicales pour la restitution du droit de vote à l'actionnarie salairé (contrairement au regroupement entre les mains de fonds communs de placement d'entreprise), ou encore pour la présence de ses membres au sein des conseils de surveillance de ces FCPE, la FAS joue plus fréquement sur le terrain de la consultation que sur celui de la revendication. Et on lui reproche parfois de pencher du côté du patronat face aux syndicats de plus en plus influents dans la gestion de l'épargne salariale. Ce qui s'explique facilement. Rares sont les associations membres de la FAS qui peuvent vivre des cotisations de leurs adhérents et il faut souvent compter sur les dirigeants pour détacher un salarié capable de se consacrer au bon fonctionnement de l'association. A l'avenir, la fédération compte obtenir des subventions publiques pour assurer son financement. Ses membres peuvent donc espérer gagner en indépendance pour exprimer véritablement l'opinion de leurs adhérents en assemblée génerale.