" Didier LIGNON, Président de l'ADSACA interviewer par "rhodia; alliance "
     

 

Crédit Agricole, l’actionnariat salarié dans le bon sens !

Depuis sa création en août 2000 jusqu’à la fusion du Crédit Agricole avec le Crédit Lyonnais en passant par l’introduction en bourse de Crédit Agricole SA en décembre 2001, l’ADSACA (Association des Salariés Actionnaires du Crédit Agricole) a mené un combat de tous les instants pour faire reconnaître et accepter sa légitimité auprès des instances dirigeantes du groupe, comme le raconte Didier LIGNON, son Président !


Comment est organisé l'actionnariat salarié du Groupe Crédit Agricole ?

Didier Lignon : L'ADSACA (Association des Salariés Actionnaires du Crédit Agricole) a été créée en août 2000, avant la mise sur le marché de la Caisse Nationale (aujourd'hui Crédit Agricole SA).

L'association est administrée par sept membres dont un président, un secrétaire, un trésorier et quatre administrateurs, élus pour 2 ans par les membres actifs.

Aujourd'hui, les actionnaires salariés du groupe représentent environ 5% du capital. Lors de l'introduction en bourse du Crédit Agricole en décembre 2001, 92% du montant réservé aux salariés avait été souscrit.

Au début, nous avons mené une mission d'information et de conseil auprès des 80.000 actionnaires salariés du groupe et de ses 20.000 retraités. Aujourd'hui nos adhérents sont au nombre de 1700.

Quels sont vos objectifs ?

Didier Lignon : Nos objectifs sont de défendre les intérêts matériels et moraux de nos membres en tant que salariés actionnaires en affirmant leur solidarité fondamentale avec l'ensemble des salariés du groupe Crédit Agricole, de favoriser les échanges de toutes sortes entre nos membres, d'entretenir des relations suivies avec toute structure représentant les salariés actionnaires du groupe, et d’agir en concertation avec celles qui partagent les mêmes objectifs et les mêmes valeurs morales, sociales et économiques.

L'ADSACA permet à ses membres d'avoir un porte-parole auprès de différents interlocuteurs du groupe, en particulier les organismes de gestion et de direction du Crédit Agricole (Fédération Nationale du Crédit Agricole, Crédit Agricole SA, divers Conseils d'Administration, l’Assemblée Générale des actionnaires, des directions opérationnelles ou consultatives, etc.) et auprès des organismes de gestion des fonds communs de placement (F.C.P.).

L’ADSACA joue également un rôle important dans la représentation des retraités car elle est la seule à faire entendre leurs voix auprès du Crédit Agricole SA, compte tenu de la structure du groupe et des vecteurs de communication spécifiques à chaque entité.

Comment et par qui les actionnaires salariés sont-ils représentés dans vos instances dirigeantes ?

Didier Lignon : Nous ne sommes pas représentés au conseil d'administration, car cela tient à la structure historique du groupe Crédit Agricole, partagé entre d'un côté la Fédération et les caisses régionales, et d'un autre Crédit Agricole SA et ses filiales.

Mais nous représentons activement nos membres auprès de Crédit Agricole SA, en argumentant pour les augmentations de capital, en recherchant l'équité entre les salariés et les différentes entités du groupe, en faisant remonter les points de vue de nos membres, en les tenant informés des évolutions des dossiers des salariés actionnaires grâce à notre implication dans la FAS.

Egalement en participant activement au comité de liaison des actionnaires individuels de Crédit Agricole SA, dont je suis membre, mais aussi en représentant la force incontournable qu'est devenue l'ADSACA et tout ceci bénévolement.

Quelles ont été vos grandes réussites ?

Didier Lignon : Notre première réussite est la reconnaissance de notre Direction Générale. Cela n’était pas gagné d’avance et nous avons dû faire preuve de courage, de ténacité et de détermination pour y parvenir. J’ai toujours en mémoire notre première entrevue avec cinq membres de notre Direction Générale : le Secrétaire Général, le DRH et son adjoint, le Responsable Titres et son adjoint au Crédit Agricole SA, qui nous attendaient de pied ferme. Première question, première réflexion : « Alors… l’ADSACA c’est quoi » ? Et nous, ne sommes-nous pas capables de défendre les intérêts des salariés actionnaires ?

Deux heures de débat, d’explications, de ténacité ont été nécessaires pour les convaincre de nos bonnes intentions, de notre volonté de collaborer pour la réussite de notre groupe. Ils nous reconnaissent et nous reçoivent maintenant régulièrement, notamment quand l’actualité le nécessite. Nous avons eu le privilège d’être reçu à sa demande par René CARRON lorsqu’il était Président de la Fédération Nationale de Crédit Agricole en présence de Monsieur DELEUZE, Directeur Général.

Notre seconde victoire est d’avoir obtenu deux augmentations de capital réservées aux salariés. Là aussi nous avons dû nous battre, car notre première demande s’est soldée par une fin de non recevoir, sans discussion possible. Les écrits et publications au C.E. du Crédit Agricole SA en janvier en font foi. Grâce à la détermination des membres du Conseil d’Administration, nous n’avons pas baissé les bras, et sommes fiers du résultat obtenu. C’est à cette occasion qu’a été mis en place le prêt in fine pour tous et l’engagement d’obtenir l’homogénéité pour tous les salariés du groupe.

La complexité et la particularité de nos structures ne nous ont pas aidées. Nous avons réussi, en communiquant avec tous les Directeurs, les Présidents et la Fédération à obtenir pour l'augmentation de capital de 2003 une parfaite harmonie des conditions. Nous avons obtenu ensuite un poste sur les 13 créés, au Comité de liaison du club des actionnaires. Celui-ci nous permet de rester au cœur des informations et de donner notre avis sur les décisions prises.

Comment avez-vous ressenti la fusion avec le Crédit Lyonnais ?

Didier Lignon : La fusion Crédit Agricole/Crédit Lyonnais a été l'événement marquant de ces deux dernières années, notamment avec l'affaire Executive Life, la Banca Intesa etc. Nos membres se sont inquiétés des coups portés à l'action Crédit Agricole SA par ces évènements. Toutefois, je crois que cette fusion est porteuse d'avenir et la conjugaison des forces des deux entreprises devrait favoriser l'action à moyen et long terme.

Depuis l'opération de rachat des actions Crédit Lyonnais par Crédit Agricole SA, le flottant est de l'ordre de 45% ce qui devrait rendre le titre plus attractif, car un plus grand nombre d'actions est disponible. Suite à la réforme de la pondération dans le CAC40 au 1er janvier 2004, le Crédit Agricole verra sa pondération diminuer au sein de l’indice, les variations du titre auront donc moins d’incidences sur sa variation.

Depuis l'origine, l'action Crédit Agricole SA a été définie comme une action de croissance et de rendement. Malgré cela, les actions du Crédit Agricole font l'objet de transactions journalières pour des montants importants, en augmentation depuis plusieurs mois.

En tout état de cause, cette opération renforce la banque de détail et le positionnement de Crédit Agricole SA sur cette activité, d'où une perspective plus favorable sur le plan financier pour nous, actionnaires salariés.