REORGANISATION. La Fusion avance
CASA en forme

Investir - Samedi 11 septembre 2004
Marie-Jeanne Pasquette

S'il est encore un peu tôt pour tirer un bilan complet de la fusion du Crédit Agricole (CASA) avec le Crédit Lyonnais, les chiffres semestriels publiés sont plutôt supérieurs aux attentes. Globalement, l'effet de ciseaux est positif entre, d'une part, la hausse du produit net bancaire de 1,1% à 6.298 millions d'euros, et, d'autre part, la baisse de 2% des charges d'exploitation, à 4.341 millions d'euros. Avant la prise en compte des charges liées au rapprochement, la progression du bénéfice est de 62%, à 1,186 milliard d'euros (1.075 millions d'euros net). Le groupe avance à marche forcée dans sa fusion et le supplément de coût de restructuration (171 millions d'euros au premier semestre) est compensé par d'importante reprises de provisions.

La fusion n'a pas eu d'impact sur les réseaux de détails, qui font environ 35% de mieux pour le Lyonnais et 17% pour les caisses régionales, en termes de résultats courants. Il est clair que CASA a accru sa force de frappe et engrange aussi des réserves considérables en assurance (vie et dommages) et des encours en crédit à la consommation avec l'acquisition de Finaref. La gestion d'eactifs marche bien et la banque de détail à l'étranger, qui plombait les comptes de CASA il y a deux ans, se redresse grâce à la contribution de l'italienne Banca Intesa, dont le pacte d'actionnaires doit être renouvelé en octobre.

Seul Caylon, né en avril du rapprochement entre les banques de financement et d'investissement du Lyonnais et de CASA, n'a pas encore fait ses preuves. Ses recettes chuttent de 31% au deuxième trimestre et la banque a puisé dans ses provisions pour maintenir des résultats stables. Les efforts de réduction des charges laissent peu de doutes sur la capacité de Caylon à dégager les économies prévues (275 millions d'euros confirmés en 2004) et peut être davantage.

Les métiers de taux, le courtage actions et les émissions primaires ont maintenu leur niveau d'activité. En revanche, les revenus du pôle d'arbitrage et de dérivés actions s'effondrent au point que le directeur général en charge de Caylon va dès octobre mettre sur pied un plan de redéploiement de Caylon. retour