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Le Crédit Agricole affirme avoir les moyens d'une nouvelle acquisition
La Tribune - édition du 09 septembre 2004 Véronique Chocron Les résultats consolidés de Crédit Agricole SA au premier trimestre (graphiques) Crédit Agricole SA a dégagé au premier semestre un resultat net part du groupe de 1,07 milliards d'euros, en hausse de 46.5%. Même sans cible précise, le groupe est prêt à "saisir une opportunité". La récente acquisition du Lyonnais et les vastes travaux de rapprochement ne mettent pas le Crédit Agricole SA (CA SA)hors jeu d'une consolidation du paysage bancaire européen. Lors de la présentation des résultat semestriels du groupe, hier, le président de CA SA s'est au contraire montré conquérant. "Le groupe pourra saisir une opportunité quand il le souhaitera", a attaqué René Carron en préambule. Alors que la banque espagnole SCH s'apprête à acquérir la britannique Abbey, la question des opérations transfrontalières revient sur le devant de la scène. Dans ce contexte, Renév Carron s'est montré très clair : "Nous avons les moyens de ne pas être uniquement spectateurs", a-t-il martelé, avant d'affirmer être "prêts plus tôt que nous le pensions [...] Certains estimaient que notre groupe serait plombé financièrement, techniquement et moralement [par le rapprochement avec le Crédit Lyonnais, qui a couté environ 20 milliards d'euro, Ndlr] pour quelques années. e suis désolé de les décevoir!", a t-il poursuivi - même si, à ce jour, le groupe n'a "aucune cible précise". A la fin décembre 2002, dans une interview à La Tribune, Pierre Bastide, secrétaire général de la Fédération nationale du Crédit Agricole, expliquait que la banque disposerait de 14,1 milliards d'euros de fonds propres exédentaires pour d'autres opérations après l'offre sur le Lyonnais. "A grand pas." Ce chantier avance d'ailleurs à grand pas. L'intégration du Lyonnais devrait être réalisée à 90% ou 95% à la fin de l'année. "Nous n'avons pas d'inquiétude sur la capacité à atteindre notre objectif de 275 millions d'euros de synergies à la fin 2004, 211 millions étant déjà acquis", a précisé Jean Laurent. Dans ce contexte de rapprochement, René Carron s'est félicité de "faire aussi bien en termes de résultats". CA SA a dégagé au premier semestre 2004 un résultat net part du groupe (après survaleurs et coûts liés à la fusion) de 1,07 milliards d'euros, en progression de 46,5%. Un bénéfice notamment tiré par un coût du risque très modéré, en recul de 40,7%. Le produit net bancaire ressort en augmentation de 1,1%, à 6,3 milliards d'euros, grâce au bon niveau d'activité des métiers de gestion d'actifs (les actifs gérés atteignent 401,2 milliards d'euros), du crédit à la consommation et des réseaux. Ces points forts ont compensé la baisse importante des revenus de la banque de financement et d'investissement, dont le PNB a plongé de 20,4%. Les résultats ont en outre béneficié d'une contribution des société mises en équivalence en hausse de plus de 24% : quote-part des résultats des caisses régionales a crû de 16,8% et, surtout, l'apport de Banca Intesa a fait un bond de 44%. Finalement, le coefficient d'exploitation a poursuivi son amélioration, atteignant 68,9% (-2,2 points). Le ROE (rentabilité des fonds propres) annualisé a quant à lui progressé, s'etablissant à 13,2%. Dans le détail, le pôle de banque de proximité a notamment bénéficié de l'intense campagne de publicité sur l'épargne retraite. Sur les six premiers mois, la Banque verte a placé 130.000 Perp (25% du marché), et le Lyonnais 45.000. Au total, le groupe aurait pris aujourd'hui 50% de parts de marché sur ce produit. Dans les deux établissements, les crédits à l'habitat ont affiché un très haut niveau de production (+ 35% sur un an dans les caisses). Les Fonds de commerce se sont également renforcés. Les caisses régionales ont engrangé 126.000 comptes de dépôts à vue supplémentaires sur un an. Le semestre, et le taux d'équipement est passé en un an de 7,6 à 8 produits par clients. Le rapprochement étant considéré comme quasi bouclé, la direction de CA SA entend désormais repartir de l'avant. Fin juillet, une réflexion a été lancée en interne. Elle se traduira au printemps 2005 par un véritable plan de developpement global pour les trois années à venir . |
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