"CONVERGENCE ENTRE ACTIONNAIRES PARTICULIERS ET SALARIES"
Interview Jean Claude Mothié, Président de la Fédération française des associations d'actionnaires salariés et de la commission consultative épargnants et actionnaires minoritaires de l'AMF.
La Tribune - édition du 10 septembre 2004
Propos recueillis par Franck Pauly
On recense 7,2 millions d'actionnaires individuels pour 2,3 millions d'actionnaires salariés.
S'il existe encore des problèmes de dialogue entre les deux catégories, les choses s'améliorent. Jean-Claude Mothié est président de la Fédération française des associations d'actionnaires salariés et de la commission consultative épargnants et actionnaires minoritaires de l'AMF.
Comment conciliez-vous vos responsabilités au sein de la FAS et de l'AMF ?
- La FAS représente les actionnaires salariés : ils font partie des actionnaires individuels. Nous regroupons 23 associations, une 24e étant en préparation, soit 40.000 adhérents représentant 900.000 actionnaires salariés - sur un total de 2,3 millions. Tout comme pour les 7,2 millions de particuliers recensés, les 2,3 millions d'actionnaires salariés constituent une estimation stable ces dernières années. Nous disposons de certains atouts pour assurer la défense des actionnaires individuels. Nous sommes bien organisés et représentatifs
- le Conseil supérieur de la participation met en place un groupe de travail chargé de faire l'inventaire des actionnaires salariés. Nous sommes par définition sensible à "l'affectio societatis", un point commun avec les particuliers. Mais probablement plus ancré chez les actionnaires salariés.
Quel peut être le rôle de la FAS au sein de l'AMF ?
- La FAS se sent apte à porter elle aussi les intérêts des porteurs particuliers, que ce soit auprès de l'Autorité des marchés financiers ou bien ailleurs. Il existe bien, encore, des problèmes de dialogue entre actionnaires de l'intérieur d'une entreprise et de l'extérieur. Mais les choses s'améliorent. Il y a deux ans, les réflexions sur les conséquences de la chute boursière à l'initiative du sénateur Patrick Ollier nous ont permis de rencontrer de très nombreuses associations d'actionnaires individuels. Ce qui nous a permis de développer des idées sur le rôle des actionnaires lors des assemblées générales. Il n'est à ce titre pas étonnant qu'au sein de l'AMF ait été créée une commission consultative épargnants et actionnaires minoritaires au sein de laquelle on retrouve un certain nombre de ces associations de porteurs. C'est cette convergence entre actionnaires particuliers et salariés que nous tentons de mettre en place grâce à l'action menée au sein de l'AMF. La constitution d'un groupe de travail de place sur l'éducation et la formation continue des épargnants répond à ce soucis. Il va permettre de rassembler des organisations publiques et professionnelles afin de fédérer les compétences existantes.
On voit bien les éléments de convergence. Mais qu'en est-il de vos différences ?
- Il reste certes des éléments très spécifiques. Les actionnaires salariés peuvent bénéficier de certains avantages lors d'augmentations de capital, contrebalancées par un blocage de cinq ans. C'est une source de différences de positions entre nous. Mais il suffit que chacun se comprenne. Ces avantages ont surtout été consentis lors d'opérations de privatisations... qui ne sont pas toujours très gagnantes pour les actionnaires salariés. 
retour